J'arrivais donc ainsi au centre d'Amarillo, ville lugubre, animée mais uniquement par le rythme des autos. Inutile de préciser qu'il n'y avait pas de piétons (je ne me souviens pas non plus avoir vu de bus). Les conducteurs arboraient à ma vue des visages sévères (étais-je parano, ou était-il interdit de circuler à pieds?) Cependant, le restaurant Méxicain depuis lequel je contactais Natasha était comble. Les gens étaient donc soit dans leurs voitures, soit quelque part d'autre (raisonnement futé...).
Natasha passa me prendre au restaurant, et, quand je lui fis part de ma stupeur à la vue d'une ville désertée par les piétons, elle semblait surprise. Pour elle c'était normal, et on s'accommodait bien ici de ne circuler qu'en voiture. C'est dans la culture Téxane, et ce, depuis l'arrivée des pionniers blancs. Alors justement, pourquoi une culture Téxane? Lui demandais-je. Et pourquoi ce favoritisme qu'ont les gens d'ici à l'égard de leur état? Elle m'apprit qu'avant d'être annexé par les usa, le Téxas fut une république indépendante, à la suite de la rébellion menée par les pionniers anglos-saxons contre le régime Méxicain. Ils ont donc depuis, conservé et cultivé un fort sentiment d'autonomie vis à vis du gouvernement. Ajoutez à cela l'éloignement et un isolement certain par rapport au district fédéral, une culture originelle de propriétaires terriens longtemps esclavagistes, et vous obtenez un état presque souverain, en rupture avec la politique fédérale. Ici, on est d'abord Téxan avant d'être américain, conclu t-elle.
Je passai deux jours chez elle, surtout pour planifier mon parcours jusqu'à San Fransisco (les jeux vidéos avec son colocataire furent aussi parti prenant..)
"Thanks Natasha, you maked me a great welcome in your house. I'd love to receive you the same way you did for me; it's when you want! ;)"



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