mercredi 15 septembre 2010

Sur la route 66

22 octobre 2009; presque deux mois sur la route! Je quittais mes amis, Liz et Nicolas, après un petit déjeuné américain bien copieux. Il s'agissait de rejoindre Amarillo, Texas, mon prochain rdv couchsurfing, depuis Oklahoma city, en empruntant la mythique route 66. Mais ce ne fut pas une promenade de santé. Ayant passé deux heures à interpeller les conducteurs d'une station service en vain, je m'aventurais à pieds sur l'autoroute. Puis j'ai été surpris par le froid; dans cette région de plaines du milieu des USA, on assiste souvent à des changements brutaux de température. Il faisait 25 degrés à Oklahoma city, et quelques miles à l'ouest, et deux jours plus tards, je me pelais les miches (et le pouce surtout) à environs 8 degrés. C'était surtout le vent qui posait problème. Non content de décoiffer ma chevelure grandissante, il conférait à mes oreilles et mon nez une couleur rouge écarlate, me prêtant l'apparence d'un vagabond alcoolique. Des vêtements chauds? Pensez-vous! Je me figurais plutôt, sous un soleil d'enfer, en short et débardeur, tel un aventurier des temps modernes, ruisselant de sueur, arpenter la fameuse route 66. Un klaxon me fit sortir de ma rêverie, et me ramena brusquement à cette réalité froide; je relevais donc la tête, pour essuyer un "doigt d'honneur" (je me demande encore pourquoi on appelle ça un "doigt d'honneur"... ) le héros qui sommeillait en moi se fâcha et, le pouce toujours tendu, je changeais de doigt afin de répondre à ce jeune insolent. J'étais patient, mais j'avais mes limites... D'ailleurs, elle était ou cette route 66? Je longeais depuis Oklahoma City, encore et toujours, cette maudite Interstate 40.... Ah mais que vis-je sur le bas côté: un panneau qui indiquait "route 66" sapristi! Il y avait cette "route", bien étroite, et en mauvaise état, qui longeait effectivement l'I40 depuis un certain temps, mais j'étais loin d'imaginer que ce puisse être la mythique route 66! La route était donc abandonnée, au profit de l'I40, mais trônait toujours là, comme un pan de l'histoire des usa, et faisait aujourd'hui office de musée. Il y avait d'ailleurs le long de cette route, tels des mirages pour moi, un nombre conséquent de stations services à l'abandon. Je finis par échouer dans une vraie station, et me réchauffais enfin au café. Mais voilà, après deux heures de plantage, je me faisais viré par le patron, quel salauuud! C'est tout à fait odieux...driiiiing!

Cet épisode cruel pris fin quand je fus embarqué par des Méxicains (viva Mexico!), sauf que je devais participer à l'essence si je voulais poursuivre...Hum hum! Ceci n'étant pas dans mes principes d'auto stoppeur respectable, je descendis à la station suivante. Bon, si je marchais sur la fameuse 66, qui ici paraissait plus ou moins en bon état? Bingo! C'est un autre Méxicain (Vivaa Mexicoooo!) qui, sortant du village d'en face, m'embarqua. Il me conduisit chez Wall Mart (mon fournisseur officiel?!), où je fis l'acquisition de vêtements chauds, d'un bonnet, et d'une bonne paire de gants!
La nuit approchait et je me voyais déjà planter ma tente entre deux mottes de foin, quand un pick-up s'arrêta à mon niveau. Dustin ne pouvait m'avancer que de 40 miles, mais c'était déjà ça. C'était un sympathique père de famille. Il tenait un ranch, et avait toujours vécu dans cette campagne isolé du milieu des états unis. Le récit de mon aventure le touchait profondément, lui qui avait toujours rêvé de voyage. Il m'invita à souper ce soir avec ses amis et sa femme dans un restaurant (l'unique) de son village. C'était bien là le coeur de l'amérique; les cowboys des pieds à la tête accoudés au bar et la musique country donnait le ton. On pouvait lire affichés sur les murs "Welcome hunter" (bienvenue aux chasseurs), "God bless America", "Area reserved for Harley's biker". Le pote de Dustin était rodéo men. Je ne comprenais pas tout ce qu'il disait, mais il m'amusais bien. Après avoir ingurgité une série de "Bud light lemon", et une quantité non négligeable de pizza, Dustin m'invita à passer la nuit chez sa famille. J'avais donc droit pour ce soir à une chambre tout confort, avec salle de bain. Encore une fois, et après cette journée éprouvante, je me tirais plutôt bien d'affaire.



C'est la femme de Dustin qui, après m'avoir présenté le "route 66 museum" (un musée consacré à cette route et son histoire) me déposa le lendemain sur une petite station service de l'I40. Je tentais à nouveau l'approche diplomatique afin d'obtenir un ride, mais ce ne fut pas chose facile. Je rencontrais notamment un agent fédéral vêtu d'un costume et au volant d'un bolide noir, semblant sortir tout droit d'un film hollywoodien. Ce dernier (probablement en mission..) s'excusa de ne pouvoir m'aider et me souhaita bonne chance. Ce fût une dame, qui, ayant terminé son service à la station, me fit quitter les lieux. Elle me laissa à l'entrée d'un village "fantôme"et d'une station service abandonnée sur le bord de la route 66, qui longeait toujours à l'infini cette interstate 40. Par chance, il faisait aujourd'hui beau (la température, et le vent, ne me permettaient pas pour autant de sortir le short et débardeur). J'ai ardemment marché sur la route 66 au milieu de cette immense campagne de foin déserte avant d'être embarqué par un camionneur jusqu'à un truck stop important. C'est là que j'obtins mon dernier ride pour Amarillo, Texas, grâce à une bande de Méxicanos (hé oui, encore!) qui occupaient un van.

2 commentaires:

  1. Merci de me faire decouvrir le Texas! je ne suis finalement pas fache de ne pas etre passe par la-bas :)

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  2. Effectivement Jon, c'est pas le pays des merveilles! Mais l'expérience a été intéressante.

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