dimanche 26 février 2012

Fresno, California, le 09/11/2009

J'avais décidé de remonter vers San Fransisco en passant par la vallée centrale qui va de Bakersfield à Sacremento. Depuis Barstoy, c'est un Bus scolaire (sans passager) qui m'a gracieusement embarqué jusqu'à Bakersfield. Ici, c'est l'eldorado de cueillette; les champs de primeurs s'étalent à perte de vue, citronniers, pêches, vigne... Une petite chaîne de montagne m'a fait passer du désert des Mojaves, aride, à cette vallées verte et fertile. J'aurais bien cherché un travail dans la ceuillète mais je préferais rejoindre San Fransisco le plus vite possible (je prévoie d'y bosser dans un bar ou un restaurant...) Je passais la soirée donc à Barkersfiel en compagnie de Caroline, mon hôte, à nouveau grâce à couchsurfing. Caroline jouait ce soir, dans un théâtre de quartier, "the rocky horror picture show"! je quittais la ville le lendemain très tôt. Caroline m'avait conduit au niveau d'une station service et à l'entrée de la "freeway 99". A priori, l'endroit rêvé pour l'auto stop, mais j'y passais la journée. Par désespoir, vers 15H00, j'osais arpenter la "freeway" sauf qu'elle n'était pas si "free" que ça puisque je me fit embarqué par la police jusqu'à la même entrée d'autoroute. Et voici que je joue à nouveau à cache-cache avec la police, comme sur la côte est, ça fait passer le temps. Le soleil s'appretait à se coucher et je songer à rappeler Caroline quand un pick-up s’arrêta à mon niveau. Cette petite famille se rendait chez des amis à 30 min au sud de Fresno. Ils s'offrirent malgré tout de rouler 30 minutes de plus pour moi. "Is it true that french people don't like us?" me demanda le père. Ce n'est pas la première fois qu'on me demandait ça, et je répondis que non, et puis ensuite que les français n'aimaient personnes... ce qui le fit sourire. (Il fallait bien sauver ma peau, comment savoir s'il n'avait pas un revolver et de la corde dans sa boite à gant?) Comme convenu, il me déposèrent à Fresno, au campus de Matt. Ce soir, comme tous les soirs d'ailleurs, ils faisaient la fête dans leur grande maison. A peine avoir fait connaissance qu'ils allèrent se ravitailler en alcool pour commençaient à picoler. Encore une fois, j'avais beaucoup trop bu, et, ayant fumé de l'herbe, je vomis mon hamburger dans le lavabo. - jeu d'alcool avec des balles de ping pong- Le lendemain, je rencontrais Nathalie, encore grâce à couchsurfing, qui me proposait une place pour la nuit. Nous passâment par le centre avec les enfants de son copain et, je fis un tour de manège qui faillis me faire à nouveau vomir. Demain, je quitte cette ville de débauche!


Barstoy, California, le 06/11/2009

Me voici à Barstoy, dans un ranch au milieu du Mojave desert, au sud est de la Californie. Je loge chez Sandy, dans la "Big House", une grande maison familiale à l'écart de la ville. C 'était autrefois un ranch, il en reste d'ailleurs les vestige çà et là, vielles charrues rouillées, tracteurs, ferraille et boites aux lettres à l'abandon. C'est un endroit charmant avec toute sorte de curiositées: jardins, balançoires, cabanes perchées et cactus. Et autours du ranch, le desert. En cette période de l'année la température est idéale, et le ciel toujours aussi bleu. Au nord, ce sont les montagnes qui dominent, mais au sud le desert semble s'étaler à l'infini. Sandy, mon hôte, est incroyable. Elle doit avoir au moins 70 ans et possède une énergie d'enfant. L'année dernière, elle a voyagé seule au Méxique et au Guatemala. Elle est curieuse de tout et toujours souriante. Occupée à courir dans son jardin, à bricoler toute sorte de gadgets ou à dévorer des livres. Elle vit avec sa soeur dans cette grande maison. Sa fille et son fils vivent en famille dans d'autres maisons de l'ancien ranch, près de la "Big House". Aujourd'hui, j'ai joué au "soccer" avec les deux petits garçons de Sandy (des jumeaux). En arrivant hier, je n'était d'ailleurs pas le seul "couchsurfeur"; il y avait une famille de plus parmi les convives : un couple et ses trois garçons qui voyagent à vélo depuis le Canada. Ils iront ainsi jusqu'au Brésil. Le récit de leurs aventure est publié sur leurs site : www.twowheelview.org/

vendredi 24 septembre 2010

Deserts et mirages; Las Végas.

Brianna ne pouvait me recevoir à nouveau chez elle, mais tant pis, j'avais un plan couchsurfing de secours. Mon retour sur Flagstaff fut une nouvelle fois bien arrosé, puisque je passais la soirée d'halloween en fermier, à picoler comme un trou, avec mon nouvel hôte couchsurfing, Edward. Nous sortîmes en boite avec Edward et ses amis, mais après une heure, j'échouais lamentablement sur un carton, ma tête tournant à 360 degrés. Et avec mon costume de fermier... ridiculement fin le Benoît! (Bon, il faut dire que le matin même j'avais gravi le grand canyon, et qu'on étaient en altitude (facteur important!))



Je quittais Flagstaff le lendemain en direction de Las Végas. Allons voir et comprendre pourquoi cette ville est tant prisée par la jeunesse dorée. N'étant pas fana des paillettes, je n'avais pas prévu de m'y rendre dans un premier temps, mais tous me recommandaient fortement "l'expérience Végas". Sachant que Végas est au milieu d'un désert, je profitais de la vue de ces "plaines de la mort". C'était Mike qui me menait à Végas depuis Kingman et nous quittions l'I40 pour une nouvelle route en direction du nord. Mike se rendait à Végas pour exposer sa mini noire étincelante à une exposition de voiture "tunner"... ça me donnait un avant goût de l'ambiance.



Après avoir passé une chaîne de petites montagnes arides, nous étions dans la vallée de Végas. Les banlieues pavillonnaires et leurs palmiers surgirent soudainement du désert comme des oasis, suivis des restaurants, des commerces, et des casinos. Mike me laissa sur le boulevard principal. Une gigantesque foire, un parc d'attraction, une illusion, c'est ça "l'expérience Végas". C'est le royaume du visuel, l'empire de l'argent, le capitalisme à son paroxisme. Jeux, alcool, prostitution, tout est légal à Végas.



C'est Alexandre et Stéphanie, un couple de français expatriés depuis quelques années qui me reçurent ce soir. Alexandre était cuisto au César Palace et Stephanie comédienne.
Le lendemain, je fis le tour de jour. Cette ville mérite bien son surnom de mirage; en apparence, il y a New York, Paris, Venise et j'en passe, mais c'est du carton! Zut! Comme un grand jeux vidéo. A l'intérieur, casinos, casinos, hotels, hotels...rien d'exaltant... Bon je m'en doutais un peu avant de venir, donc, pas de surprise. Je me suis même essayé aux machines à sous, pour voir, mais après avoir perdu 10 dollars, j'ai vite renoncé.





C'est sans regrets que je quittais donc Végas le lendemain. Un bus municipal me fit rejoindre un "truck stop-casino". Après y avoir erré une bonne heure, c'est Nizar, un Tunisien expatrié qui me fit quitter cette sacrée ville.

jeudi 23 septembre 2010

Grand Canyon National Park

Le jour suivant donc je me suis rendu en stop jusqu'au site du Grand Canyon, à 50 miles au nord de Flagsaff, et à peu près à la même altitude (2200 mètres). Le canyon est large de 5 à 30 km selon les endroits et s'étend sur plus de 400 km de large. C'est prodigieux.

Alors que les touristes de base payent des sommes astronomiques pour dormir dans les hôtels du parc, j'ai eu le culot de me trouver une "couch" au sein même du Grand Canyon Village, face aux falaises. C'est ainsi que je logeais chez Mickaël; ce dernier travaillait au sein du parc en tant qu'aide secouriste, et recevais parfois des couchsurers. Mickaël prévoyait une rando dès le lendemain avec sa collègue Elmira, et je fus invité à les accompagner. Nous irions jusqu'en bas, et dormirons au bord de la rivière Colorado, dans les baraquements des employés du parc.
Les sacs chargés d'eau et de victuailles, nous entamèrent la marche le lendemain en début d'après midi. Le canyon fait 1500 mètres de profondeur. Il est est lui même constitué d'une grande série de plus petits canyon qui se superposent jusqu'à la rivière. A mesure que nous nous enfoncions dans ces gorges vertigineuses, la température se faisait plus douce. A mi-chemin, nous fîmes la rencontre d'un bouc sauvage.
Nous arrivâmes de nuit au camps "ghost ranch".
Je remontais très tôt le lendemain, mais seul cette fois, afin d'être à Flagstaff avant la nuit. Les lumières du matin donnaient un tout autre aspect au décors.


mardi 21 septembre 2010

Arizona dream

Le lendemain, j'étais en route pour l'Arizona. Flagstaff, ma prochaine étape, était mon point de chute pour la visite du Grand Canyon. J'étais toujours sur l'Interstate 40, qui, à ce niveau, traversait les hauts plateaux des rocheuses (de 1500 à 2300 mètres d'altitude). Bernice me déposa dans une station pourvue d'un immense casino. L'affluence de voyageurs n'aidait pas pour autant et je végétais un bon moment devant la "boutique souvenir" avant de me faire chasser par l'agent de sécurité. Finalement, et après une bonne heure de danses et de sauts dans le froid, je fus emmené par une indienne du casino. Tous les casinos d'ici sont affaires indiennes m'avoua t-elle. Les casinos leur ont été confiés par les blancs afin de les tenir sagement dans leurs réserves m'avait confiait plus tôt Bernice. Et ils en sont évidemment dépendants aujourd'hui. Cette dame me laissa au niveau d'un autre casino, mais cette fois je continuais à pieds sur l'autoroute. Ce ne fut pas long avant qu'un semi remorque (la première fois tiens!) me fasse signe de monter.


Charly approchait la soixantaine; il était chauffeur poids lourd depuis vingts ans, et je comprenais à peine ce qu'il disait à cause de son accent de l'Arkansas et de sa cigarette collée au bec. Il se rendait en livraison à Los Angeles; j'étais donc parti pour un voyage direct jusqu'à Flagstaff. Alors que nous prenions de l'altitude, le relief était de plus en plus marqué par ces impressionnantes roches qui semblaient sortir du sol. Un sol qui se couvrait d'ailleurs progressivement de neige.

Alors que nous entreprîmes l'ascension d'une montagne, c'était un tout autre décors qui se dévoilait; des sapins et de la neige à perte de vue. Nous arrivâmes à Flagstaff sous une neige abondante, et Charlie me laissa à l'entrée de la ville, au niveau d'une importante station.
Brianna, mon hôte couchsurfing vint m'y cherché et me fit découvrir les lieux. Flagstaff est une charmante petite ville située au coeur d'une nature imposante; elle fait face à un mont qui culmine à 3400 mètres, et est entourée d'une forêt de sapins. Quel délice de respirer cet air pur des montagnes mêlé aux odeurs des résineux et de ces feux de cheminées.
Après le souper, Brianna m'entraîna dans une soirée "ambiance 80´s". Comme il fallait être déguisé en 80´s man, elle me prêta ses vêtements les plus ridicules. Bien que la musique craignait "en osti" (je m'autorise un peu de Québécois...) l'alcool était presque gratuit: 25 cents le verre: je m'en suis rendu malade... et passais la journée du lendemain à décuver. Je ne me souviens plus si j'ai vomi, mais c'est fort probable. Heureusement, Brianna était adorable et je fus vite remis sur pieds afin de faire du tourisme. J'appréciais cette ville, à la fois paisible et joyeuse, avec ses vieilles briques et leurs habitants. Il faut dire qu'à côté, la nature force le respect. Ce soir, pas d'ivresse, je me couchais tôt car le lendemain je comptais bien fouler le sol du Grand Canyon.


"Brianna, you were woonderfull, hope to see you some other day in some other place, (in France?) but next time, i'm gonna cook for you!"

samedi 18 septembre 2010

Viva Nuevo Mexico!

Natasha me laissa au niveau d'une station service en direction de l'Interstate 40 et de la route 66. Ces deux route se longent et se croisent depuis Oklahoma city jusqu'en Californie mais la route 66 n'est presque plus fréquentée, au profit de l'I40. Comme à mon habitude, je me lançais dans une procédure d'interpellation des conducteurs, en prenant garde de me faire le plus discret que possible vis à vis des employés de la station. Je rencontrais Michaël à la machine à café et c'est ainsi qu'il m'accepta à bord de son pick-up. Michaël se rendait à Fresno, en Californie, avec sa chienne Bella. Il passait donc par Alburquerque, au nouveau Méxique, ma prochaine étape.


Cette longue route me permit d'apprécier les changements fauniques du paysage de l'ouest américain. Alors qu'à l'est d'Amarillo, subsistait quelques arbres, il n'y avait plus ici que des arbustes, qui se réduisaient en buissons à mesure de notre avancée vers l'ouest. Des centaines de milliers de petites touffes vert-foncé tamisaient ensuite la terre rouge du Nouveau Méxique. De même, à mesure que nous approchions d'Albuquerque nous prenions de l'altitude et la température s'en ressentait. Nous arrivions dans la région des plateaux.

Albuquerque apparut après une première chaîne de montagnes, porte d'entrée des Rocheuses et ses hauts plateaux.
Michaël me laissa dans la vieille ville. Quel bonheur ce fut, de retrouver, après de longs mois passés au nord, les senteurs du sud, ses cactus, et ses maisons fleuries aux couleurs vives. La différence du Téxas au Nouveau Méxique fut brutale, et soulageante! Ici, l´héritage culturel espagnol était toujours bien vivant. Cette arrivée à Albuquerque m'apparut comme le premier contact avec l'Amérique "latine". Après mes mésaventures du centre des usa, mon coeur se ré emplit de joie, et mon ventre se réjouissait déjà à l'idée de goutter prochainement aux saveurs du Méxique.

En fin de journée, je rencontrais un brave monsieur qui me déposa chez Bernice et Emilie, mes hôtes couchsurfing. Ce soir j'étais cuisinier et leur fis une poêlée de légumes aux poissons.
Le lendemain, Bernice, le bébé (elle était nounou), et moi visitâmes la ville de Santa Fe située à 40 miles au nord d'Albuquerque. Sante Fe est un centre culturel important du Nouveau Méxique et culmine à 2000 mètres d'altitude. La journée était radieuse, et, lorsque nous arrivâmes, la ville était couverte d'un blanc manteau . Il y avait longtemps que je n'avais pas joué dans la neige, alors j'en profitais pour accabler la pauvre Bernice de mes enfantillages.
Impressionnante la ville de Santa Fe; c'est en effet un merveilleux centre culturel, pourvu d'édifices aussi beaux les uns que les autres. La particularité de la ville est que chaque édifice repose sur le même modèle architéctural de type colonial espagnol, ce qui offre à la ville une fort belle homogénéité.
Les sculptures, églises et autres musées nous ont régalés tout au long de la journée.


Au retour, nous passâmes près de la montagne qui fait face à Albuquerque. J'avais très envie de prendre le téléphérique qui s'envolait par delà celle-ci, mais Bernice devait ramener le bébé. Ce soir, retour aux fourneaux pour la préparation de crêpes. (un des pêchés mignon des américains)
Je me rendis en bus et en stop le lendemain pour enfin prendre ce téléphérique, sauf qu'une fois sur place j'aurais dû attendre deux bonnes heures avant l'ouverture. Une fois de plus, mon impatience prit le dessus, et je décidais d'escalader, ni plus ni moins, la montagne. Après tout, c'est plus réjouissant d'apprécier la vue après l'effort.
Au début, c'était de la rigolade puisqu'il y avait un chemin. Sauf que celui-ci disparaissait rapidement et je me mis à la grimpette sauvage, en évitant plus ou moins les cactus et leurs épines. Après deux heures de marche, et même d'escalade, et quelques situations périlleuses à travers les rochers, j'arrivais au sommet venteux et sa vue imprenable. J'avais le droit de pousser le cri de Rahan, non?

vendredi 17 septembre 2010

TEXAS LAND

C'était fait, j'étais au fin fond des États-Unis; au royaume Téxan. En témoignait l'écriteau coloré: God bless Texas. Ici, pas question de faire du stop parait-il. En effet, durant les 8 miles que je couvrais à pieds, pouce tendu, depuis la station où m'avaient laissé les Mexicains, j'étais totalement ignoré par les chauffards. L'un d'entre eux, allez savoir pourquoi, s'est même enfui alors que je tentais de lui adresser la parole.

J'arrivais donc ainsi au centre d'Amarillo, ville lugubre, animée mais uniquement par le rythme des autos. Inutile de préciser qu'il n'y avait pas de piétons (je ne me souviens pas non plus avoir vu de bus). Les conducteurs arboraient à ma vue des visages sévères (étais-je parano, ou était-il interdit de circuler à pieds?) Cependant, le restaurant Méxicain depuis lequel je contactais Natasha était comble. Les gens étaient donc soit dans leurs voitures, soit quelque part d'autre (raisonnement futé...).
Natasha passa me prendre au restaurant, et, quand je lui fis part de ma stupeur à la vue d'une ville désertée par les piétons, elle semblait surprise. Pour elle c'était normal, et on s'accommodait bien ici de ne circuler qu'en voiture. C'est dans la culture Téxane, et ce, depuis l'arrivée des pionniers blancs. Alors justement, pourquoi une culture Téxane? Lui demandais-je. Et pourquoi ce favoritisme qu'ont les gens d'ici à l'égard de leur état? Elle m'apprit qu'avant d'être annexé par les usa, le Téxas fut une république indépendante, à la suite de la rébellion menée par les pionniers anglos-saxons contre le régime Méxicain. Ils ont donc depuis, conservé et cultivé un fort sentiment d'autonomie vis à vis du gouvernement. Ajoutez à cela l'éloignement et un isolement certain par rapport au district fédéral, une culture originelle de propriétaires terriens longtemps esclavagistes, et vous obtenez un état presque souverain, en rupture avec la politique fédérale. Ici, on est d'abord Téxan avant d'être américain, conclu t-elle.
Je passai deux jours chez elle, surtout pour planifier mon parcours jusqu'à San Fransisco (les jeux vidéos avec son colocataire furent aussi parti prenant..)
"Thanks Natasha, you maked me a great welcome in your house. I'd love to receive you the same way you did for me; it's when you want! ;)"